LES COMMOTIONS CÉRÉBRALES : TOUR D'HORIZON POUR AUGMENTER TA VIGILANCE

avec France Brunet, chef physiothérapeute à la Clinique de physiothérapie et de médecine du sport

On connaît tous une personne ayant subi une commotion cérébrale. Mais connaît-on vraiment ce phénomène ? France Brunet, chef physiothérapeute de la Clinique de physiothérapie et de médecine sportive nous trace un portrait du sujet.

D’abord, c’est quoi une commotion cérébrale ?

Une commotion cérébrale est un trauma qui perturbe le fonctionnement normal du cerveau. Ce dernier subit un choc qui cause une crise énergétique, qui déclenche un état de fatigue profond. Contrairement à la croyance populaire, une commotion cérébrale n’est pas nécessairement un coup à la tête ou une perte de conscience; il peut s’agir seulement d’un mouvement qui crée un choc au corps.

Comment se manifeste-elle ?

Avant de nommer les symptômes les plus communs, France Brunet nous met en garde :

« Chaque commotion cérébrale est unique. Ce qui veut dire que chaque personne la vivra différemment. Un(e) patient(e) peut avoir certains impacts qui seront différents chez un(e) autre patient(e). » – France

Néanmoins, voici les principaux symptômes :

  • Fatigue
  • Perte de mémoire à court terme
  • Manque de concentration
  • Maux de tête
  • Vision trouble
  • Sentiment d’être au ralenti
  • Étourdissements/nausées

Que la personne ait trois ou vingt symptômes, elle a une commotion cérébrale. Aussi, il faut savoir que les signes peuvent se manifester entre quelques heures et 24 heures à partir du moment du choc.

Une autre croyance généralisée est que la commotion se traduit par une perte de conscience. Mais c’est faux; il peut suffire d’un coup de tête pour faire une passe au soccer. C’est pourquoi, il faut être extrêmement vigilant aux chocs que le corps peut subir lors d’une activité physique. On veut à tout prix éviter qu’un deuxième incident survienne avant même que le premier n’ait été pris en charge.

Une fois reconnue, comment traite-t-on une commotion cérébrale ?

À quel moment peut-on parler de traitement ? Le protocole commence une fois qu’il n’y a plus de symptômes.

« Ce n’est pas parce que tu n’as plus de symptômes, que tu es rétabli(e). Mais c’est à ce moment que tu es prêt(e) à démarrer le protocole de traitement. » – France

  • Étape 1 : Repos complet (au moins 24h) – implique souvent l’arrêt complet des activités quotidiennes
  • Étape 2 : Activité physique légère (ex. : 20 minutes de marche ou de vélo stationnaire)
  • Étape 3 : Activité spécifique mais sans contact (ex : joueur de soccer qui fait seulement des passes)
  • Étape 4 : Activité sans contact – avec l’accord du médecin (ex. : le joueur de soccer peut pratiquer un entrainement sur le terrain)
  • Étape 5 : Activité avec contact
  • Étape 6 : Retour au jeu (cette étape ajoute la dimension de stress)


Une évaluation par un professionnel est réalisée entre chaque étape afin de poursuivre au niveau suivant. Si la personne manifeste des symptômes, elle demeure à cette étape lors de son traitement. Dans la majorité des cas, il faut deux semaines avant que la personne soit de retour à son activité physique initiale.

« Chaque sportif(ive) connaît son retour spécifique vu son état mais aussi par rapport à son sport. Par exemple, les paramètres de retour ne seront pas les mêmes entre un(e) gardien(ne) de but et un(e) attaquant(e) au soccer. » – France

Durant cette période, les personnes atteintes d’une commotion doivent avoir une hygiène de vie exemplaire pour maximiser leurs chances de rétablissement. Bien dormir et bien manger deviennent essentiels à la guérison. Il faut garder en tête en tout temps qu’un retour trop rapide pourrait laisser des séquelles.

L’impact à long terme, c’est quoi ?

Si une commotion cérébrale n’est pas prise en charge rapidement, elle peut avoir des conséquences à long terme.

Les principales conséquences, dues à la négligence, sont :

  • Manque de mémoire
  • Maux de tête persistants
  • Organisation du travail difficile
  • Champ de vison en tunnel
  • Recherche de mots
  • Sensibilité au bruit
  • Anxiété

On parle de séquelles post-commotion lorsque les symptômes dépassent de 10 à 14 jours.

Prends soin de toi !

Il est important de prendre au sérieux les commotions et de bien se soigner. Une commotion qui n’est pas prise en charge peut avoir des répercussions sur tes activités quotidiennes. Ça t’empêche de faire des activités comme étudier, travailler, écouter des séries ou même te laver. Elle peut même hypothéquer ta vie sur plusieurs années et même à vie.

L’enjeu avec les commotions cérébrales, c’est qu’on ne les voit pas concrètement, comme une écorchure au genou sur laquelle on met un bandage. C’est pourquoi il est hyper important d’être à l’écoute de soi et de devenir sa priorité ! 

Ce qui est rassurant, c’est qu’il y a une équipe multidisciplinaire à la clinique pour soutenir les personnes commotionnées, soit des médecins, physiothérapeutes et kinésiologues. Si tu as un pépin, ils sauront t’aider !

Pour consulter un(e) spécialiste, n’hésite pas à prendre rendez-vous à la Clinique de physiothérapie et de médecine du sport.

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