Du réconfort au menu

Si on vous présente cette liste d’aliments : croustilles, chocolat, crème glacée, biscuits, pizza, frites, bière… À quoi vous fait-elle penser ? Aux incontournables d’un menu de Super Bowl, certes. Mais qu’ont tous ces aliments en commun ?

Souvent associés au plaisir, ces derniers sont aussi ce qu’on qualifie d’aliments réconfortants. Vous arrive-t-il à l’occasion de choisir des aliments pour vous remonter le moral ?

Voyons voir pourquoi certains aliments auraient cet effet positif, et s’il existe d’autres moyens de trouver du réconfort au quotidien.

Le terme comfort food aurait vu le jour vers la fin des années 1970 et décrirait ces aliments réconfortants, lorsque consommés, telle une source de confort émotionnel. Ils permettraient d’une part d’atteindre ou de maintenir des sentiments positifs tels que la bonne humeur, la détente ou le plaisir, mais aussi de surmonter des émotions négatives comme l’ennui et la tristesse. Il va sans dire que ces aliments procurent un plaisir gustatif avec leurs bons goûts.

Pour expliquer ce phénomène, la science suggère que ce serait plutôt la teneur élevée en glucides et/ou en lipides des aliments qui leur conféreraient cet aspect dit réconfortant. D’un côté, la teneur élevée en glucides aurait un effet calmant et apaisant, en raison de la sérotonine, l’une des hormones liées au plaisir et au bonheur, qui serait libérée par le cerveau suite à leur consommation. D’un autre côté, l’arrivée d’aliments gras dans l’estomac activerait différentes régions du cerveau et aiderait à atténuer des émotions négatives comme la tristesse.

Que de beaux souvenirs

Vous est-il déjà arrivé de consommer un aliment parce qu’il vous remémorait de beaux souvenirs ? Les aliments réconfortants pourraient aussi être associés à des souvenirs rappelant l’enfance, la maison, la famille, ou encore les amis. C’est pourquoi on dit souvent qu’il n’y a rien de mieux que la nourriture de maman.

Pas surprenant que la fameuse soupe poulet et nouilles soit le meilleur remontant lorsqu’on est malade !

Le réconfort au quotidien

La consommation d’aliments réconfortants peut être motivée par une panoplie d’émotions, tant positives que négatives. Or, comme la satisfaction procurée suite à la consommation de ces aliments (souvent riches en sucre et en gras) n’est que de courte durée, il arrive souvent qu’ils soient consommés fréquemment et en grande quantité, même en l’absence de faim. Faut-il bannir ces aliments de notre alimentation pour autant ? Non, car manger doit rester une source de plaisir. Par contre, comme le disait si bien Socrate :

« Le bonheur, c’est le plaisir sans remords. »

Ces aliments ont certes leur place, mais il ne faut pas tomber dans l’exagération et dans la création d’un besoin de consommer ces aliments pour pallier certaines émotions. Dans une telle situation, le risque de développer une relation malsaine avec la nourriture avec un sentiment de culpabilité pourrait survenir.

Il existe différentes façons d’inclure ces aliments dans un mode de vie sain et équilibré, de sorte à trouver du réconfort au quotidien. Voici comment :

Choisissez vos aliments réconfortants

  • Sélectionnez ceux étant le moins transformés industriellement. Optez pour les aliments affichant une liste d’ingrédients courte et facile à comprendre.
  • S’ils sont riches en gras et en sucre, consommez-les avec modération et sans culpabilité.
  • Puisqu’ils procurent un sentiment de bien-être, il est important de consommer des glucides. Pourquoi ne pas en profiter pour consommer des sources de glucides nutritifs, comme ceux contenus dans les produits céréaliers (pains, céréales, riz, pâtes, couscous, quinoa) à grains entiers et les légumineuses (lentilles, pois chiches) ? Ces aliments vous procureront un sentiment de satiété et de bien-être à long terme de par leur contenu riche en fibres. Laissez votre créativité à l’œuvre et remplacez, par exemple, le traditionnel bol d’arachides à la saveur de barbecue par des pois chiches assaisonnés de vos épices préférées et grillés au four.
  • Le bonheur ne demeure pas que dans l’assiette, mais bien dans tout ce qui entoure l’acte de manger. Cuisiner des aliments et des repas nutritifs en famille et entre amis créera des souvenirs positifs et sera certes une bonne source de bonheur.

Pratiquez de l’activité physique

En plus de ces nombreux avantages pour la santé, la pratique d’activités physiques augmenterait elle aussi la production de sérotonine par le cerveau. Être actif procurerait ainsi un sentiment de plaisir, d’accomplissement et un effet relaxant. Plusieurs bonnes raisons de l’inclure à votre quotidien !

Pour consulter en nutrition, n’hésitez surtout pas à prendre rendez-vous à la Clinique universitaire de nutrition de l’Université de Montréal !

Ce texte a été écrit par Kamélia Faraj, stagiaire en nutrition, sous la supervision de l’équipe de la Clinique universitaire de nutrition de l’Université de Montréal.

Références

  • Aziza, M. (2006). Les aliments de réconfort: l’impact de l’attitude santé sur la consommation de ces aliments. (Maîtrise ès sciences, Université de Montréal, Montréal, Québec). Repéré à http://biblos.hec.ca/biblio/memoires/m2006no145.pdf
  • De Matos, M. G., Calmeiro, L. et Da Fonseca, D. (2009). Effet de l’activité physique sur l’anxiété et la dépression. La presse médicale, 38(5), 734-739.
  • DesGroseilliers, J. (2017). Êtes-vous une bibitte à sucre. LEmust [EN LIGNE] https://lemust.ca/2017/12/20/etes-bibitte-a-sucre/ (repéré le 25 janvier 2019)
  • Extenso. (2017). Les aliments et l’humeur. [EN LIGNE] http://www.extenso.org/article/les-aliments-et-l-humeur/ (repéré le 25 janvier 2019)
  • Huot, I. (2015). Aliments anti-déprime: le top 5 d’Isabelle Huot Le Bel ÂGE. [EN LIGNE] https://www.lebelage.ca/ma-sante/alimentation/aliments-anti-deprime-le-top-5-disabelle-huot (repéré le 25 janvier 2019)
  • Labrecque, J., Mahil, A. et Marquis, M. (2009). Comprendre la consommation des aliments réconfortants pour mieux la gérer. Gestion, 34(4), 12-20.
  • Lemieux, S. (2018). Ces aliments qui nous réconfortent. [EN LIGNE] http://www.contact.ulaval.ca/article_blogue/ces-aliments-qui-nous-reconfortent/ Repéré le 25 Janvier 2019
  • Troisi, J. D., Gabriel, S., Derrick, J. L. et Geisler, A. (2015). Threatened belonging and preference for comfort food among the securely attached. Appetite, 90, 58-64.
  • Van Oudenhove, L., McKie, S., Lassman, D., Uddin, B., Paine, P., Coen, S., . . . Aziz, Q. (2011). Fatty acid–induced gut-brain signaling attenuates neural and behavioral effects of sad emotion in humans. The Journal of clinical investigation, 121(8), 3094-3099.
  • Wansink, B. (2014). Engineering comfort foods.
  • Wansink, B., Cheney, M. M. et Chan, N. (2003). Exploring comfort food preferences across age and gender. Physiology & behavior, 79(4-5), 739-747.

Crédits: Inclut des images créées par nrd – « untitled image » • Oliver Sjöström – « untitled image » • Hal Gatewood – « untitled image » • Emma Paillex – « firneds and beer » • moigram – « fruit oranges sliced »

Fermeture de la piscine

Fermeture temporaire du 27 août 2022 jusqu'au printemps 2023